
Entre deux stress de plans financiers, un pneu crevé et une énième relecture de mes chiffres, je me rends compte que c’est déjà le week-end de ton anniversaire. Il est dès lors temps de poser les lettres de rappel sur le côté et de célébrer comme il se doit ce qui doit l’être. Parce qu’on célèbre ici dépasse de loin une date d’anniversaire – qui ne doit sa récurrence qu’au jour béni où tu es née. Cette date ne veut rien dire fondamentalement, même une horloge cassée donne deux fois l’heure juste sur une journée par le simple fait du temps qui passe inexorablement. Ce que je veux dire par là c’est qu’un anniversaire n’est rien en soi. Il n’est rien d’autre que ce qu’on en fait, que ce que les personnes qui nous accompagnent ont décidé de transmettre. « A mes 34 ans j’étais là ». Oui, mais avec qui étais-tu réellement ? En tous cas tu étais avec moi. Présent comme je ne l’ai probablement jamais été autant, dans ce moment crucial où nos projets de vie s’entremêlent avec calme.
Ce week-end on te célèbre et je pense que tu le mérites bien. On célèbre tes réussites professionnelles évidemment mais il faut prendre le temps de fêter également celle que tu es derrière le masque. Il en aura fallu du temps pour passer de l’autre côté du voile et derrière l’aspect simplement complexe de ta personne. Découvrir la tendresse derrière la fermeture, la générosité derrière l’intangibilité. Aujourd’hui nous pouvons nous offrir le luxe de nous regarder dans les yeux sans qu’on puisse s’y tromper. Et rien ne saurait me rendre plus heureux. Car tu m’as tout offert, à commencer par un regard et une confiance qui m’ont enfin permis de traverser la rivière et me libérer totalement. Je n’ai jamais reçu de cadeau aussi précieux que celui-là, et je tente chaque jour de m’en montrer digne.
Mon premier cadeau de ce week-end de fête tient tout simplement dans une vingtième mixtape. Probablement la plus belle. J’essaie chaque fois de créer une trame qui te plaira, mais je sais aussi que toutes ne sont pas aussi ancrées que je le voudrais. Parfois elles sont juste belles d’exister. Cette CDLC20 possède par contre un cœur vibrant, ouvertement axée sur le côté naturaliste des choses. Il existe, je pense, à un certain degré d’écriture une connexion au divin. Connexion qu’on peut aisément retrouver au travers d’une certaine tendance liée à l’observation de la Nature. La littérature connait le spleen Baudelairien, le laisser-aller et la beauté dans l’observation oisive du Grand Tout. La musique connait aussi son ouverture au naturel par la lente contemplation du cycle naturel, allant parfois jusqu’à la réplication musicale même des cycles naturels. Je pense évidemment au field recording, aux grandes inspirations classiques liées au divin – Emile Cioran, philosophe du désespoir, ne disait-il pas que « Dieu doit beaucoup à Jean-Sebastien Bach » ? – mais également à la tradition folk, americana, ou aux inspirations « kerouakiennes » toutes empreintes de grands espaces.
Boisée et pour ainsi dire intimiste dans son lancement, cette sélection prend l’air et respire à grands poumons dans le froid. Elle marche vers un nulle part assumé, elle est une ballade à l’aveugle. Ici la destination importe peu, c’est la mise en mouvement et ce qu’elle offre comme paysage qui tient lieu d’attraction. Arrivés à Alexanderplatz, la sélection mute en quelque chose de biodynamique, pour finalement assumer des gros bangers de vie, riches de cordes et de pulsations presque exagérées – je pense d’ailleurs qu’au-delà d’une tonne de mécanismes communicationnels, toute la folie d’un Tomorrowland s’explique aussi par l’alignement quelque part naturaliste qui fait vibrer une corde universelle de manière insoupçonnée.
Bref, je pense que tu aimeras.
Je m’arrête ici pour l’instant et me prépare pour la suite. Suite que tu vas aimer je pense.
Joyeux anniversaire en avance ma biquebique ❤

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