
J’ai toujours rêvé de créer un personnage. En réalité, depuis tout petit, j’ai déjà incarné mentalement des centaines de personnages : des beaux, des crapuleux, des rigolos, des obliques mais surtout des lyriques. Je crois que rien n’existe en dehors de l’épique. J’aurais rêvé d’être une sorte de mélange entre Aladdin Sane après le suicide de Ziggy Stardust, Tony Starks époque Only Built 4 Cuban Linx et Shane « Clown » Crahan au visage rempli de sang.
J’aurais beau imaginer tous les déguisements et les attitudes possibles, je ferai du dungeon synth pour commencer. Je voudrais démarrer de là car il n’est nul autre musique qui incarne mieux le voyage, les pérégrinations sourdes et les mystères ambiants. Qu’il soit poussiéreux, onirique ou tonal, il y a là une promesse de découvertes et d’initiation.
J’en ai tellement rêvé de ce synthétiseur que dans ma tête j’ai déjà sorti cinq albums, rempli des salles confidentielles, fait évoluer mes costumes et collaboré avec tous mes artistes préférés sous mon nom d’emprunt. J’ai tellement retourné l’idée de ce home studio que j’en oublie que je ne sais rien faire encore, que tout est à construire. Et que ce sera très probablement en-dessous de mes attentes.
Qu’importe au final, la perspective de partir à nouveau à l’aventure me nourrit déjà le ventre. Et personne ne pourra m’empêcher d’être enfin ce personnage. CDLC17 serait donc ma première mixtape en tant que producteur inexistant. Appelez-le Revolver Ocelot, Garv Servikën ou VIH, il ne sera jamais moi. Parce que, à condition que ce soit épique, il est toujours temps de mettre la charrue avant les bœufs.

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